lundi 20 octobre 2008

Retour sur les élections fédérales canadiennes

Salut Rémi,

Désolé pour le long délai avant ma réponse. Disons que tout bouge pas mal vite par ici et je n’ai pas trouvé le temps de m’asseoir devant mon ordinateur pour t’écrire.

Content de savoir que vous vous installez tranquillement et que professionnellement, ça semble être à la hauteur de tes attentes. Ta description de l’état de la Californie me fait envier une situation que j’aimerais bien retrouver au Québec, d’un point de vue environnemental du moins.

Élections fédérales au nord de la frontière

Reste que mon cerveau n’a pas pis congé avec cette longue campagne électorale qui faisait rage jusqu’à mardi dernier. Beaucoup de gens, dans les médias, ont affirmé que la campagne fut des plus ennuyantes. Je ne crois pas. Peut-être qu’aucun chef n’a soulevé de passion comme les chefs américains font, mais je pense qu’il y a tout de même eu du mouvement et de nombreuses critiques virulentes sont sorties contre le gouvernement conservateur de Stephen Harper. Nous n’avons qu’à penser à la coupe dans les budgets pour la culture : les acteurs du monde culturel québécois ont dénoncé haut et fort ces coupures, ont produit un magnifique vidéo de protestation, Culture en péril (j’ai applaudi, seul devant mon ordinateur à la suite de son visionnement), et ont même fini par rallier leurs homologues anglophones du ROC à la cause!

Aussi, Elizabeth May, chef du Parti Vert du Canada, a réussi à s’inclure dans les débats des chefs, en anglais, ainsi qu’en français. Je crois qu’il était temps que son parti soit considéré puisque plus de 5 % de la population canadienne avait précédemment donné son appui à ce parti. Bref, un gain important pour les Verts, même si la carte de l’environnement n’a pas assez été jouée par Mme May au débat francophone (elle a plutôt opté pour les attaques contres Harper).

Petite parenthèse d’ailleurs sur les performances de la chef du Parti Vert : elle a un français approximatif (qui dépasse celui d’au moins la moitié des canadiens) mais ne s’est pas gênée pour s’exprimer et je suis certain que les francophones ont apprécié le geste. Malheureusement, de l’autre côté de la clôture, le Canada anglophone se plaint abondamment du niveau d’anglais parfois « douteux » de Stéphane Dion. On prend Elizabeth May en pitié pendant qu’eux méprisent Dion… belle ouverture! Fin de la parenthèse.

Gagnants et perdants

À mon avis, le grand gagnant de ces élections est Jack Layton. Il a fait une campagne solide, a été omniprésent dans les médias, anglophones et francophones, et a su placer ses idées clairement sur l’échiquier. Il a d’ailleurs fait des gains considérables en termes de suffrages (par exemple, une augmentation de presque 70 % des voix au Québec) et a fait élire l’ancien ministre de l’environnement sous Jean Charest au provincial, Thomas Mulcair, dans Outremont. L’autre gagnant, c’est Maxime Bernier. Malgré toutes les bourdes qu’il a commises dans le passé (Joe Louis en Afghanistan, Julie Couillard et les documents secrets etc.), il a été élu sans peine dans son compté. Pour moi, rien à comprendre : ce gars-là ne mérite pas d’être réélu…

Côté perdant, il y en a plusieurs. D’abord Stéphane Dion. Il est bon que pour l’arrière-plan selon beaucoup de libéraux. Il n’a pas su attirer la sympathie du public et, en politique, l’image est (malheureusement) importante. Il avait pourtant un plan solide qui proposait une balance réaliste entre l’économie et l’environnement (les deux enjeux majeurs de la dernière campagne). J’aurais peut-être même voté rouge s’ils n’étaient pas fédéralistes!

Ensuite, il y a Gilles Duceppe et le Bloc Québécois, qui n’ont pas réussi à obtenir plus de sièges, et ont obtenu un de leur pire résultat en terme de voix. Les acquis sont conservés, mais la popularité est en baisse et de plus en plus de gens remettent en question la pertinence de ce parti aux Communes. Sur ce point d’ailleurs, j’aimerais féliciter Michael Fortier, qui s’est fait planter solide par une bloquiste dans Vaudreuil-Soulange, pour sa campagne négative, et aucunement constructive, qu’il a mené contre le Bloc. Il a même fait stationner un camion publicitaire devant le bureau de circonscription de M. Duceppe, où il présentait ce qu’avaient coûté les députés du Bloc dans les dix-huit dernières années, et comparait cela à zéro rendement. Enfoiré! Au moins il n’a pas été réélu…


source : La Presse

Penses-tu vraiment que Harper serait venu de par lui-même avec son histoire de Québec nation dans un Canada uni? Il en a juste profité pour « scooper » Duceppe, et retourner ça en sa faveur. Je m’arrête là avant de détruire le clavier de mon ordinateur.

Bref, les résultats des élections donnent un gouvernement conservateur minoritaire où les trois partis d’opposition devront marcher main dans la main pour le contrer. Je reste aussi ambivalent quant à l’utilité de ces élections, principalement quand on pense à son coût. Et nous verrons aussi combien de temps ça durera!

Je me garde une petite réserve pour les prochaines communications concernant mon sujet d’introduction à notre blogue : la pertinence des partis politiques. Autrement, je ne publierai jamais ce message!


Normand