dimanche 30 novembre 2008

Gouvernement de coalition – rêve ou réalité?

Salut Rémi,


Bien content que tu t'énerves un peu et que tu m'envoies trois articles un après l'autre. Oublions la règle du « Je dois te répondre avant que tu me répondes » et allons-y allègrement sur les petits textes. En prime, ça fait toujours du bien de se défouler un peu sur un clavier d'ordinateur!


Je pense que tu jubiles un peu trop en qualifiant Gilles de parrain du Canada. Mais bon, je peux comprendre ton enthousiasme. En effet, ça brasse pas mal à Ottawa, même si ça passe un peu sous le radar au Québec puisque les élections provinciales ont tendances à éclipser la politique fédérale.


Honnêtement, je crois que ça serait génial de voir les trois partis de l'opposition s'allier pour former un gouvernement de coalition. Pour deux raisons: (1) nous évitons une nouvelle élection et (2) on se débarrasse des Conservateurs. Je pense fortement que malgré les différences inhérentes à chacun des partis impliqués dans cette coalition (je suis pas mal certain que le Bloc Québécois se joindra aux libéraux et aux néo-démocrates), celle-ci saura diriger le Canada de la façon dont la majorité des canadiens le souhaite, et cela n'aura pas d'impact significatif sur la solidité économique du pays.


Reste qu'il faut que ça se fasse. Et je n'aimerais pas voir Gilles Duceppe changer de camp aux goûts du jour: cela aura un impact indéniable sur le bon fonctionnement du nouveau gouvernement, et c'est exactement ce que l'on doit actuellement éviter. Je dormirai les doigts croisés pour les prochains jours.


Et pour ce qui est de mon « ami » Michael Fortier, disons que je n'ai pas beaucoup d'estime pour lui en ce qui concerne la politique. Il a tenté de sauver le Grand Prix du Canada, sans succès. Mais je crois qu'il a fait les efforts nécessaires dans ce dossier où Montréal n'est tout simplement plus compétitive sur le plan international pour ce type d'événement, où de richissimes pays du Moyen Orient sont prêt à investir des sommes faramineuse pour faire venir le Grand Prix chez eux. Bernie n'est pas con et ira pour le plus profitable. Dommage pour l'industrie touristique montréalaise...


Finalement pour revenir à mes prédictions de début de campagne provinciale, je crois que tu as tord. J'ai de la misère à croire que le PQ saura aller chercher autant de sièges. Les libéraux n'ont pas fait si mal les choses dans les derniers mois (et c'est ce que les gens se rappelleront devant leur bulletin de vote), et ils ont bien joué la carte nationaliste « à la Bourassa ». N'empêche qu'à mon avis, il y a quelques domaines où leurs engagements sont timides, voire absents. Donc je maintiendrai mes prédictions.


Normand

vendredi 28 novembre 2008

Gilles Duceppe le parrain… Le Canada gouverné par le Québec

Je t’ai souvent mentionné comment il était antidémocratique de voir l’unique parti de droite diriger le pays avec un peu plus du tiers des votes. Je me suis même demandé, sur un ton pessimiste, combien de temps s’écoulerait avant que les partis de gauches s’unissent. Et bien, il semble que le fin stratège qu’est Stephen Harper ait sous-estimé l’imprévisible destin de Stéphane Dion pour ce retrouvé à la tête. Effectivement, les pourparlers envisageant la formation d’un gouvernement de coalition PLC-NPD vont bon train. Étant le chef du parti le plus appuyé des dernières élections, Stéphane Dion ce retrouverait Premier Ministre… Évidement, Gilles Duceppe n’a pas l’intention d’accepter l’invitation de former le gouvernement avec les deux autres. C’est vrai qu’à première vue ça ferait un peu bizarre de voir le parti indépendantiste diriger le pays qu’il veut quitter. Mais si on creuse, on se rappellera que Duceppe n’est là que pour une chose : défende les intérêts du Québec à Ottawa. Or il me semble qu’il n’y ait pas de meilleure façon d’emmener la cargaison à bon port qu’en tenant les rênes. Peut-être que si… Dans le contexte d’un gouvernement de coalition gauchiste mais minoritaire, pour faire passer les décisions, ils auront besoin de faire pencher la balance du bon bord. Le bord étant à gauche, ils ne se tourneront certainement pas vers Stephen Harper. Qui aura la balance dans ce cas? Gilles Duceppe, qui pourra (selon les intérêts du Québec), enligner toutes les décisions sans se salir les mains… Gilles Duceppe le parrain. Dire que l’on s’inquiétait de la faible représentation du Québec au cabinet ministériel… J’aimerais bien avoir l’avis de ton ami Michael Fortier sur l’utilité du Bloc pour le Québec maintenant?

Je propose une motion voulant à déclarer la ROC comme Nation au sein de la fédération Québécoise…

Rémi

jeudi 27 novembre 2008

Le débat, sans l'environement!

Et l’environnement...

Voici mes impressions à chaud immédiatement après le débat,

La formule
Ce n’était pas parfait mais c’était déjà beaucoup mieux qu’au débat fédéral. La raison en ait probablement que le nombre de personnes autour de la table était plus restreint, le fait que tout le monde soit dans sa langue maternelle et aussi que la moitié moins de thèmes ont été abordés. Résultat, les questions ont été abordées plus en profondeur. La formule n’est définitivement pas parfaite parce qu’à force de vouloir laisser la discussion ce faire, on a eu droit à des moments très cacophoniques. Les thèmes abordés étaient la santé, l’éducation, l’économie (les trois plus gros ministères) et l’avenir du Québec (important partout, mais essentiel au Québec). D’excellent choix, par contre, si on m’avait demandé mon avis, j’aurais définitivement ajouté l’environnement. Peut-être que les organisateurs ont pensé que la question se viderait de par elle-même dans les autres sujets, mais ce ne fût pas le cas et je trouve cela désolant. Surtout, que ça aurait été l’occasion idéale pour nos politiciens de prendre des engagements sur une économie du futur basée sur des investissements en des technologies vertes. Au sujet de l’absence de QS et des Vert tant qu’à y être je continue à croire que ce genre de formule n’aurait pas aidé au débat à moins que l’on accepte d’y aller pour 6 heures… Car s’il y a quelque chose qui était supérieur dans celui-ci vs le fédéral c’est bien les échanges formatés un contre un. Pas besoin de te dire qu’à cinq, ce serait interminable. Tu me diras qu’au moins on aurait parlé environnement, c’est vrai, que faire alors… À oui j’oubliais, j’ai trouvé les questions du public plus pertinentes.

Impression sur les débateurs
Mario Dumont ne pouvait pas descendre vraiment plus bas alors il a essayé de racheter sa place à l’opposition. Je l’ai senti très nerveux dès le départ conscient qu’il pourrait s’agir de son dernier débat. On a pu d’ailleurs l’entendre à quelques reprises approuver les idées de Jean Charest. Reste à voir si l’an et demi passé (perdu) à l’opposition officiel se fera oublier aussi facilement et si les Québécois vont vouloir replacer Dumont comme chef de l’opposition officiel maintenant qu’il semble prêt à travailler avec le gouvernement. Permet moi d’en douter. À moins qu’il soit en train de préparer un retour chez les libéraux advenant le cas d’une défaite plus cuisante qu’annoncée (si c’est possible). Malgré, ses brèves accolades libérales, Dumont est demeuré fidèle à lui-même c'est-à-dire un bon débateur simple et facile à suivre, mais surtout il a réussi à donner quelques bons coups.

Pauline Marois, moins habituée que les deux autres, à livrer une bonne bataille. En fait, si elle était la plus difficile à prédire avant le débat, elle est également la plus difficile à analyser. Je n’ai pas vraiment aimé sa manière lors de ses allocutions. Il y paraissait un peu trop qu’elle avait appris son texte. Mettons ça sur le compte de la nervosité et de toute façon c’est le contenu qui compte et pas le contenant. J’ai seulement peur que tous ne pensent pas comme moi. Plus le débat avançait et plus on se chamaillait, plus elle était à l’aise. Elle s’est très bien défendue contre les attaques concernant sa réforme scolaire (la lettre de Dumont) et ses coupures en santé, les deux fois renvoyant le fardeau de l’échec à l’administration Charest. Elle a même réussi à rappeler qu’elle seule avait déjà passé à travers une crise économique avec succès.

Jean Charest fidèle à lui-même, a été très bon débateur, réussissant à contourner certaines questions et tout en restant d’un calme ce qui selon les sondages lui a bien servi au près des électeurs depuis un an.

‘’La solution c'est de faire notre pays, mais d'ici là, nous pouvons faire des batailles ensemble’’ Pauline Marois, Débat des Chefs, 25 novembre 2008

J’ai hâte de voir les cotes d’écoute et les sondages.
Rémi

lundi 24 novembre 2008

Salut Normand,

À mon tour de m’excuser. Il y a déjà longtemps que j’ai commencé cette réponse et certains passages ne sont donc plus d’actualité. Tout comme toi malgré un horaire chargé j’ai suivi de près l’action électorale de cet automne. Wow, pour des mordus de politique comme nous, difficile de faire autrement. Je n’ai jamais vu autant d’effervescence de mon vivant (mis à part le référendum de 95, disons que c’était différent). Je n’aborderai pas l’élection Américaine, car tant de choses ont déjà été dites. Je peux seulement te dire que les scientifiques Américains que je côtois tout les jours sont soulagés. Tout comme la Terre entière devrait l’être, je crois sincèrement qu’il n’y a que du bon dans cette élection historique et ce pour tout le monde. Pour ce qui est de la science comme tel, je t’invite à aller lire une idiotie de la colistière Républicaine (pro-vie, pro-guerre, pro-peur, créationniste…je ne comprends pas les gens conservateurs) Sarah Palin commentée au : http://thinkevolution.net/archives/category/science-research



Retour sur les Fédérales


D’où je suis, il est difficile de juger de l’intérêt de la population sur la dernière campagne. Le seul indicateur qu’il me reste est le taux de participation; le plus bas de l’histoire 59.1 %. Si la campagne ne fut pas ennuyante, ça veut dire que les Canadiens étaient tout simplement désintéressés dès le départ. Pourtant en ces temps de crise économique ils auraient dû se ruer aux urnes pour mandater le parti le plus compétent, d’après eux, de garder le bateau à flots. La réalité fut tout autre. Cette campagne n’était pas pertinente pour personne puisque jouée d’avance. Tout ça grâce à une droite unie qui avec un peu plus du tiers de l’électorat peut former un gouvernement, prenant avantage d’une gauche divisée. Malheureusement, dû au système électoral dans lequel nous sommes, l’ascension du parti vert n’a fait que nuire à la cause de la gauche. Je me dois de souligner ici que si cette période électorale-ci favorise les conservateurs on n’a pas à reculer loin dans le temps pour apprécier l’effet inverse. En effet, durant les années post Mulroney, c’est la droite qui était divisée (reforme/alliance et conservateur) on a donc eu droit à 3 mandats libéraux facilement gagnés. Sans rien enlever à Jean Chrétien, à cette époque, même sans chef le PLC aurait gagné. En espérant qu’on n’ait pas à attendre 3 mandats pour que la gauche s’unisse. En passant, loin de moi l’idée de qualifier le PLC de Chrétien de social démocrate mais disons qu’en comparant aux conservateurs post alliance…


Au sujet du PLC de Dion je partage ton avis. En fait je n’avais jamais souhaité autant de bien à ce parti, le tournant vert de Dion, j’y croyais. Imagine, c’était encore plus ambitieux que ce que propose le NPD. En fait, c’était exactement le genre de politique qui ralliait économie et écologie. Ça aurait permis un soulagement économique à ceux qui polluent peu : les gens (entreprises) responsables et les moins biens nantis. En espérant qu’Ignatief ne foute pas tout par terre. Tant qu’à avoir un Québec dans le Canada, c’est ce à quoi j’aurais voulu qu’il ressemble. Malheureusement, Dion n’est pas un bon vulgarisateur et il n’a pas réussi à expliquer son projet à des idiots qui de toute façon n’écoutaient pas. De plus il n’avait pas l’air de ce qu’apparemment il faut avoir l’air pour être à la tête, c’est-à-dire une confiance en soi tellement débordante que les gens autour n’ont envie que de te suivre, d’autres appellent ça du leadership. Personnellement je préfère un intellectuel à la tête plutôt qu’un type charismatique. Finalement, et là je ne suis pas d’accord avec toi, la campagne n’a jamais été sur l’environnement, elle n’a été qu’économique, et quant l’économie va mal les gens deviennent individualiste (plus qu’à l’habitude). La population ce dit qu’elle sauvera sa retraite avant de s’acheter un arbre. C’est ce qui aura finalement coulé Dion parce qu’il fut incapable d’imposer l’agenda écologique lié à l’économie. Il a même cessé d’aborder son tournant vert à la mi-campagne.


Un débat, quel débat?

Je n’ai pas particulièrement aimé la formule du débat fédéral. Démocratiquement parlant, chaque parti ce devrait d’être représenté. Par contre un débat à cinq, à tout le moins dans la formule vue au fédéral, a donné lieu à un quatre contre un improductif. Est-ce que les libéraux et le NPD ont pu mettre leurs différences sur la table et en débattre? Non. Résultat, Harper n’avait qu’à faire semblant de ne pas être là (ce qu’il a très bien fait par ailleurs) et laisser les quatre autres se battre à savoir qui aurait la meilleure gifle contre lui, gifle qu’il esquiverait de toute façon. Je suis donc heureux que le format soit revenu à une formule plus traditionnelle pour l’élection provinciale. Dans ce cas si la question aurait pu se poser également, doit-on inclure les Vert et QS au débat provincial? À ce point-ci je pense qu’il serait judicieux d’établir des règles précises sur ce qu’il faut pour faire parti du débat.


Élection Provinciale

Nous sommes tous d’accord, Jean Charest a lancé la campagne électorale parce que convaincu (merci aux sondages) qu’il pouvait aller chercher la majorité. Opportuniste; certes, malveillant; je ne crois pas. Voyons les choses en face. À sa place j’aurais fait la même chose mais pas par opportunisme. La raison en est que si j’étais en politique ce serait parce que j’ai un plan pour la société et que je crois ce plan être le meilleur (à tort ou à raison). Dans ces circonstances à chaque fois que j’aurais une décision difficile à prendre, une décision qui serait impopulaire parce que douloureuse aujourd’hui mais bénéfique demain, l’opposition se ferait un devoir de contrer mes efforts. Dans cette conjoncture en tant de crise économique si j’étais premier ministre je ne voudrais sûrement pas me retrouver en situation minoritaire lorsque le temps de passer un budget impopulaire arriverait.

Cela-dit, aussi non voulue soit-elle, la campagne est lancée. Malheureusement elle est impopulaire, mais pas pour les bonnes raisons. Si au moins les gens étaient furieux de voir leur premier ministre Charest dépenser 83 Millions de leur Dollars en tant de crise économique, mais non il semble qu’ils soient juste… tannés d’avoir à ce faire une tête pour savoir comment ils souhaiteraient voir leurs impôts dépensés (pour les cyniques) ou voir de quels projets de société ils souhaitent (pour les idéalistes comme nous).

Mouillons-nous un peu, tu as prédit une victoire Libéral minoritaire. Pour ma part je pense que nous aurons « enfin » un gouvernement majoritaire. Je dis enfin pour les raisons élaborées plus haut. Par contre je ne suis pas si certain qu’il s’agira des libéraux. Je pense en effet que le PQ a une chance sérieuse de l’emporter. Mes prédictions :

PQ : 65 sièges 37 %

PLQ : 50 sièges 39 %

ADQ : 10 sièges 15 %

PV + QS : 0 siège 8 %

Plusieurs choses pourraient faire en sorte que j’aie tort. Parmi celles-ci la présence des parties de gauche (QS et les Vert) qui pourrait gruger des votes importants qui autrement assureraient une victoire au PQ. Historiquement, dû à une carte électorale imparfaite, le PQ n’a qu’à obtenir à peu près la même quantité de votes que les libéraux au suffrage universel pour s’assurer d’une écrasante majorité. Il est vrai que la présence de l’ADQ a changé la donne au court des trois dernières élections. Comme l’ADQ prend des votes au PQ plus qu’il n’en prend aux libéraux, la présence d’une arrière gauche qui pourrait aller chercher jusqu'à 10 % des voies pourrait faire la différence entre PQ ou PLQ. Aussi bien dire que le vote stratégique n’a jamais été aussi important pour le PQ. Le tour de force maintenant pour Pauline Marois sera de le dire sans trop donner d’importance à l’ADQ. Car l’histoire nous a appris que ce parti n’est jamais vraiment mort et que son électorat peut revenir, sans que l’on ne sache pourquoi (des fois je me demande à quoi les gens pensent).

Bon débat,

Rémi

jeudi 6 novembre 2008

Prédictions sur les élections provinciales

Salut Rémi,


Je vais me permettre de tricher un peu et d’insérer un second message avant ta réponse à ma dernière lettre. J’espère que tu ne m’en voudras pas!


En fait, c’est pour maintenant glisser deux mots sur la nouvelle campagne électorale provinciale au Québec que je te transmets ce message. Jean Charest a décidé de précipiter la tenue d’élections seulement deux ans après le début de son actuel mandat. Pour beaucoup, ce geste est considéré comme inapproprié puisque nous baignons actuellement dans une crise économique dont nous ne connaissons pas l’étendue, ni les conséquences à moyen terme. C’est d’ailleurs ce que les deux partis d’opposition (Parti québécois et Action démocratique du Québec), ainsi que les deux partis tiers les plus en vue (Parti vert et Québec solidaire) blâment aux libéraux provinciaux de M. Charest.


À mon avis, ce geste de Jean Charest et ses troupes serait bien plus partisan qu’autre chose et ces derniers chercheraient définitivement à s’accrocher à une majorité de sièges à l’Assemblée nationale. Le chef du PLQ ne s’en cache d’ailleurs pas quand il répond aux accusations des partis d’opposition : il clame haut et fort que le Québec à besoin d’un gouvernement fort pour pouvoir passer au travers de la crise économique actuelle et que la meilleure solution sera d’élire un gouvernement majoritaire.


Jean Charest n’a peut-être pas tord. Cependant, j’aimerais savoir à quel point le gouvernement actuel est faible, et quelles seront les conséquences advenant la répétition du scénario de 2006 (minoritaire libéral)? Je serais donc tenté d’appuyer la position du PQ et de l’ADQ sur ce point, et d’être d’accord pour blâmer le PLQ de nous balancer en élections. Toutefois, n’ayant aucun pouvoir sur les faits et gestes du gouvernement québécois, je ne peux rien faire et je devrai vivre avec la campagne électorale, que je suivrai attentivement.


Donc, commençons un petit jeu et faisons nos prédictions sur les résultats du vote qui aura lieu le 8 décembre prochain. Il y a 125 sièges à l’Assemblée nationale et la situation actuelle est la suivante : 48 sièges pour le PLQ, 39 pour l’ADQ et 36 pour le PQ. Mes prévisions donc sont les suivantes quant aux résultats que nous obtiendront le soir du 8 décembre prochain : 61 sièges PLQ, 12 pour l’ADQ et 52 pour le PQ. La cote de popularité de Jean Charest est dans ses meilleurs temps actuellement et le bilan des trois derniers mois pour son gouvernent est très respectable. Il saura aller chercher plusieurs comtés, principalement aux mains des adéquistes. Les péquistes iront chercher une partie de la balance des sièges grâce à une excellente campagne électorale que Pauline Marois et son parti sauront mener. Réservons-nous le droit de réajuster nos prédictions à la mi-campagne.


Sur ce, considères-tu revenir en sol québécois pour voter au début décembre? À bientôt mon ami,


Normand

lundi 20 octobre 2008

Retour sur les élections fédérales canadiennes

Salut Rémi,

Désolé pour le long délai avant ma réponse. Disons que tout bouge pas mal vite par ici et je n’ai pas trouvé le temps de m’asseoir devant mon ordinateur pour t’écrire.

Content de savoir que vous vous installez tranquillement et que professionnellement, ça semble être à la hauteur de tes attentes. Ta description de l’état de la Californie me fait envier une situation que j’aimerais bien retrouver au Québec, d’un point de vue environnemental du moins.

Élections fédérales au nord de la frontière

Reste que mon cerveau n’a pas pis congé avec cette longue campagne électorale qui faisait rage jusqu’à mardi dernier. Beaucoup de gens, dans les médias, ont affirmé que la campagne fut des plus ennuyantes. Je ne crois pas. Peut-être qu’aucun chef n’a soulevé de passion comme les chefs américains font, mais je pense qu’il y a tout de même eu du mouvement et de nombreuses critiques virulentes sont sorties contre le gouvernement conservateur de Stephen Harper. Nous n’avons qu’à penser à la coupe dans les budgets pour la culture : les acteurs du monde culturel québécois ont dénoncé haut et fort ces coupures, ont produit un magnifique vidéo de protestation, Culture en péril (j’ai applaudi, seul devant mon ordinateur à la suite de son visionnement), et ont même fini par rallier leurs homologues anglophones du ROC à la cause!

Aussi, Elizabeth May, chef du Parti Vert du Canada, a réussi à s’inclure dans les débats des chefs, en anglais, ainsi qu’en français. Je crois qu’il était temps que son parti soit considéré puisque plus de 5 % de la population canadienne avait précédemment donné son appui à ce parti. Bref, un gain important pour les Verts, même si la carte de l’environnement n’a pas assez été jouée par Mme May au débat francophone (elle a plutôt opté pour les attaques contres Harper).

Petite parenthèse d’ailleurs sur les performances de la chef du Parti Vert : elle a un français approximatif (qui dépasse celui d’au moins la moitié des canadiens) mais ne s’est pas gênée pour s’exprimer et je suis certain que les francophones ont apprécié le geste. Malheureusement, de l’autre côté de la clôture, le Canada anglophone se plaint abondamment du niveau d’anglais parfois « douteux » de Stéphane Dion. On prend Elizabeth May en pitié pendant qu’eux méprisent Dion… belle ouverture! Fin de la parenthèse.

Gagnants et perdants

À mon avis, le grand gagnant de ces élections est Jack Layton. Il a fait une campagne solide, a été omniprésent dans les médias, anglophones et francophones, et a su placer ses idées clairement sur l’échiquier. Il a d’ailleurs fait des gains considérables en termes de suffrages (par exemple, une augmentation de presque 70 % des voix au Québec) et a fait élire l’ancien ministre de l’environnement sous Jean Charest au provincial, Thomas Mulcair, dans Outremont. L’autre gagnant, c’est Maxime Bernier. Malgré toutes les bourdes qu’il a commises dans le passé (Joe Louis en Afghanistan, Julie Couillard et les documents secrets etc.), il a été élu sans peine dans son compté. Pour moi, rien à comprendre : ce gars-là ne mérite pas d’être réélu…

Côté perdant, il y en a plusieurs. D’abord Stéphane Dion. Il est bon que pour l’arrière-plan selon beaucoup de libéraux. Il n’a pas su attirer la sympathie du public et, en politique, l’image est (malheureusement) importante. Il avait pourtant un plan solide qui proposait une balance réaliste entre l’économie et l’environnement (les deux enjeux majeurs de la dernière campagne). J’aurais peut-être même voté rouge s’ils n’étaient pas fédéralistes!

Ensuite, il y a Gilles Duceppe et le Bloc Québécois, qui n’ont pas réussi à obtenir plus de sièges, et ont obtenu un de leur pire résultat en terme de voix. Les acquis sont conservés, mais la popularité est en baisse et de plus en plus de gens remettent en question la pertinence de ce parti aux Communes. Sur ce point d’ailleurs, j’aimerais féliciter Michael Fortier, qui s’est fait planter solide par une bloquiste dans Vaudreuil-Soulange, pour sa campagne négative, et aucunement constructive, qu’il a mené contre le Bloc. Il a même fait stationner un camion publicitaire devant le bureau de circonscription de M. Duceppe, où il présentait ce qu’avaient coûté les députés du Bloc dans les dix-huit dernières années, et comparait cela à zéro rendement. Enfoiré! Au moins il n’a pas été réélu…


source : La Presse

Penses-tu vraiment que Harper serait venu de par lui-même avec son histoire de Québec nation dans un Canada uni? Il en a juste profité pour « scooper » Duceppe, et retourner ça en sa faveur. Je m’arrête là avant de détruire le clavier de mon ordinateur.

Bref, les résultats des élections donnent un gouvernement conservateur minoritaire où les trois partis d’opposition devront marcher main dans la main pour le contrer. Je reste aussi ambivalent quant à l’utilité de ces élections, principalement quand on pense à son coût. Et nous verrons aussi combien de temps ça durera!

Je me garde une petite réserve pour les prochaines communications concernant mon sujet d’introduction à notre blogue : la pertinence des partis politiques. Autrement, je ne publierai jamais ce message!


Normand

mardi 16 septembre 2008

Éducation d'abord, abolition des partis ensuite

Salut Normand,


Je suis bien heureux que tes vacances au royaume des volcans se soient bien déroulées. Comme je le constate tes lectures lors de celles-ci ont été plus qu’inspirantes. De notre côté, nous avons aménagé samedi le 6 dans notre nouvel appartement. Sans grande surprise si on compare à Montréal, le loyer est plus élevé et l’espace plus restreint. Malgré tout c’est quand même bien. Nous ni sommes que partiellement installés, nos choses n’arrivant de Montréal que dans 10 jours. D’ici là, nous nous organisons comme on le peut avec l’essentiel que nous avions pu amener dans l’avion. Finalement, après certaines difficultés de transfert bancaire, nous aurons notre nouvelle voiture cette semaine.


Pour ce qui est de la raison principale du déménagement (le post-doc), je ne pouvais pas vraiment espérer mieux. Les installations et la science sont toutes deux à la hauteur de mes attentes. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de participer à ma première réunion de laboratoire (lab meeting), ce qui m’a permis d’apprécier avec enchantement la force d’une équipe de scientifiques aussi solide.


Impressions Californiennes,

En marge de tout cela, la Californie, du moins la région de la Baie San Franciscaine, me semble plus à gauche que le reste des États-Unis, ce n’est pas moi qui vais s’en plaindre… En cette période électorale, plusieurs personnes en charge de faire visiter les appartements (une bonne douzaine) m’ont parlé politique. Sans grande surprise le ticket Obama-Biden fera le plein de vote ici. On peut même voir plusieurs véhicules avec des autocollants arborant le visage de Barack Obama. Corrige-moi si j’ai tors mais je doute fort que Stephen Harper ou Stéphane Dion n’aient soulevé les passions au point ou qui que ce soit n’ait même l’idée d’apposer leurs visages sur sa voiture. Côté charisme on est totalement dans une autre ligue. En passant, il est très impressionnant de voir la quantité de véhicule hybride sur les routes ici. Je savais la Californie en avance point de vue environnement, mais ça demeure plaisant de le constater de visu. Il s’agit là d’ailleurs d’un bon exemple que la politique fonctionne. Je m’explique : les Californiens se sont conscientisés écologiquement parlant et les politiciens les ont écoutés en élaborant lois, plan de transport et collecte sélective en fonction de cela. Et pour les cyniques qui diront que les politiciens en place ne l’ont fait que pour se faire élire, je leur répondrais merci de me donner raison. En effet, même si ces changements étaient dans un but électoraliste, il en reste néanmoins que c’est la population qui y gagne étant donné qu’elle obtient ce qu’elle désire. Ça c’est de la démocratie…


Revenons à nos moutons, les élections Étasuniennes soulèvent les passions tandis que les élections Canadiennes…

Pourtant, historiquement au Canada les taux de participation y sont plus élevés (environ 15 % de plus, http://www.infoplease.com/ipa/A0763629.html, http://www.elections.ca/content.asp?section=pas&document=turnout&lang=f&textonly=false ). Les raisons expliquant ce phénomène sont sûrement variées. Toutefois une chose demeure. Aux Etats-Unis il n’y a que deux options chacune d’elles ayant une idéologie bien précise (gauche morale et économique = démocrate, droite = républicaine). Au Canada ces options sont plus diversifiées, il y a une teinte de droite et plusieurs teintes du reste. Donc, s’il n’y avait que deux partis politiques très polarisés, les conservateurs ne pourraient plus jamais espérer former un gouvernement. Pourtant, même si 60 à 65 % des gens votent plus à gauche, on peut prédire un autre gouvernement conservateur dans un mois. Cela étant dit, je ne peux qu’approuver l’abolition des partis politiques car comme je viens de le démontrer, le fonctionnement actuel est anti-démocratique.


Au Québec la situation est d’autant plus complexe qu’en plus des questions idéologiques gauche, droite, il y a la question nationale. Ce qui fait que nous nous retrouvons maintenant en présence de trois partis qui ont une certaine niche qui de temps en temps se modifie selon les besoins (e.g. ADQ de souverainiste à autonomiste). Encore une fois l’émergence d’un tiers parti mène à un gouvernement minoritaire. Dans ceux-ci, l’opposition a le pouvoir de bloquer tout ce que le gouvernement propose, à moins qu’il s’agisse d’une question de confiance auquel cas, en fonction des sondages, certains députés tomberont soudainement malades ou bien verront leurs mains prises sous leur reposoir… Encore une fois comme tu le disais, anti-démocratique.


Les partis partis, que reste-t-il?

Cela dit, je suis d’accord avec toi sur la majorité des points il semble en effet à première vue que de d’éliminer les partis serait un plus pour la démocratie. Un point que tu n’as pas amené directement c’est que comme il n’y aurait plus de ligne de parti ou d’élection à gagner, il n’y aurait plus non plus d’adversaire politique. Il ne resterait donc plus que des débats d’idée et au final tout le monde travaillerait ensemble pour le bien commun.

Il reste néanmoins que le fonctionnement de nos parlements ainsi que de ceux de toutes les démocraties que je connais est basé sur un système avec partis. Ces pays sont généralement ceux ayant les niveaux de liberté d’expressions, de droits individuels et d’espérance de vie les plus élevés. Il y aurait donc sans doute du bon à ce système. Mais comme j’ai déjà répondu à un professeur qui me critiquait de vouloir améliorer quelque chose qui fonctionnait déjà; ce n’est pas parce qu’il était possible de traverser l’Atlantique en bateau que c’était une mauvaise idée d’inventer l’avion. Pour l’instant je n’ai pas d’idée précise sur quoi fonder les assises de ce nouveau système voici quand même quelques points dont il faudra tenir compte si on veut éviter certaines tares que l’expérience des partis nous aura apprises.


Mise en garde pour la création du système sans partis

Sans les partis politiques, le charisme et la renommée vont continuer à faire élire des gens, sauf que cette fois-ci, ils seront indépendants. Même avec les meilleures intentions du monde je doute fort qu’André Arthur n’est pu être élu s’il n’avait pas été André Arthur. Tu me diras que c’est exactement ce que tu veux dire et qu’en présence de parti politique il faut avoir un nom pour faire sa place et que lorsqu’il n’y aura plus de parti politique chacun pourra y aller de ses idées sans besoin de machine électorale. Encore une fois le fait d’avoir un nom va nécessairement aider. Je pense malheureusement que cette situation est là pour rester. Toutefois on peut l’améliorer en accent les débats et les campagnes électorales sur le contenu et non le contenant. Pour cela il faut également éduquer les gens sur la chose politique. Il faut vouloir écouter ce que Stéphane Dion a à dire pour se rendre au bout d’un de ses discours. Imaginons maintenant le même discours de la bouche de Barack Obama…

C’est une autre utilité des partis politiques : il y a une façon de penser par partis et si ça te plaît tu votes pour le candidat de ta circonscription arborant la couleur. Nul besoin de connaître le nom du candidat. Combien de gens connaissent le nom de leur député? Ce que je veux dire c’est que à moins d’une structure très solide, je doute qu’elle ne le soit jamais, on risque de se retrouver avec des taux de participation avoisinant ceux des commissions scolaires.


Également, tu mentionnes que chaque représentant de circonscription aurait une idée précise de ce qu’il souhaite pour celle-ci, par contre c’est la province (lire pays si indépendance) qu’il faut administrer. J’ai peur que l’on se retrouve avec 125 personnes qui veulent tirer la couverte sur leur côté. En présence de parti politique cette situation est rapidement corrigée par un rappel à l’ordre des priorités. La structure devrait donc inclure des projets indépendants suggérés par chacun des députés mais puisque les fonds sont limités, chaque projet de circonscription risque d’être refusé par les autres.


Je ne connais pas les propositions de Jacques Lazure pour le système, mais tu sauras me dire si elles élimineraient les quelques exemples d’inquiétudes mentionnées ci haut.


Stimuler l'intérêt passe par l'éducation

J’aimerais finir en revenant sur un point que je considère important. C’est une condition essentielle pour que le nouveau système fonctionne, mais même en restant dans un système avec partis, la démocratie en sortirait gagnante. Je parle de l’intérêt des gens face à la politique. Je pense que ça passe par l’éducation. Lorsque l’on comprend quelque chose, on a plus de chance de s’y intéresser. On écouterais donc plus ce que les politiciens ont à dire plutôt que de se soucier de ce qu’ils ont l’air. De plus, si en moyenne, en tant que collectivité, on comprenait mieux les enjeux sociaux et économiques de tout ordre, on ferait des choix plus éclairés une fois dans l’urne. Il serait donc intéressant d’inclure des cours de politique au secondaire en plus des cours d’histoire, de géographie et d’économie (qui était au programme lorsque j’y étais, aujourd’hui?). J’aimerais bien avoir tes idées sur comment intéresser et éduquer. Une chose que je ne voudrais surtout pas faire serait d’obliger les gens à passer ces cours pour obtenir le droit de vote et de rendre le vote obligatoire…


Je te laisse là-dessus


À bientôt


Rémi

lundi 8 septembre 2008

Je brise la glace

Salut Rémi,

J’espère que ton déménagement se passe en douceur et que tu te sois trouvé un appartement décent sans avoir à payer une fortune en loyer. De mon côté, les vacances en camping à Hawaï se sont très bien passées : Vanessa et moi avons découvert un beau coin du monde, avec de magnifiques plages reculées, ainsi qu’avec des volcans actifs à visiter! Les vacances furent florissantes pour moi du côté lecture : j’ai lu trois livres au complet, ce qui constitue une prouesse dans mon cas!

J’ai d‘abord dévoré Qui a raison? d’André Pratte et Joseph Facal (Éditions Boréal, 2008). Des échanges très intéressants, constructifs et des débats toujours intelligents et soutenus. J’ai ensuite lu le magnifique livre de François Avard, Avard Chronique (Éditions des Intouchables, 2008) qui contient une collection de ses meilleurs écrits publiés dans divers médias. Cet auteur est une sorte de Pierre Falardeau (qui a d’ailleurs écrit la préface du livre), mais en un peu moins trash : cru à souhait, il ne se gêne pas pour ridiculiser bien des aspects aberrants de notre société. Puis, j’ai finalement passé au travers du livre Abolir les partis politiques (commentaire sur le livre dans le Voir, 2006), écrit par le sociologue Jacques Lazure (blogue de Jacques Lazure). Ce livre, en teneur socio-politique élevée, fut un peu plus difficile à lire (c’est peut-être le langage de sociologue que j’ai trouvé tarabiscoté et parfois répétitif pour mon esprit de scientifique), mais m’a fait réfléchir beaucoup. Et c’est de cela que j’ai pensé aborder pour briser la glace et démarrer nos échanges : devrait-on abolir les partis politiques?

Je crois que oui! Je suis d’accord avec Jacques Lazure sur de nombreux points qu’il présente dans son livre. La majorité des points que je vais développer sont d’ailleurs repris de son livre et je n’ai du crédit que pour mes commentaires et critiques envers ceux-ci.

Le mauvais côté des partis politiques

Qu’est-ce qui rend les partis politiques nuisibles pour la démocratie et le bien-être de notre société? Premièrement, les partis politiques désirent à tout prix prendre le pouvoir. Ainsi, ils sont prêts à présenter un discours plus populaire, partisan, et capable de réunir le plus d’électeurs possible, dans le but premier de se faire élire au pouvoir. C’est pour ça qu’on appelle ça de la stratégie politique… Cela a pour conséquence que certains points du programme d’un parti devenu moins populaire sont repris par le second, avec une légère touche de la saveur du jour. Tout est dans l’image et beaucoup de candidats de ces partis sont choisis pour le charisme, et beaucoup moins pour leurs compétences intellectuelles. Dans la même veine, les partis plus idéologiques, et souvent marginaux (on pense à Québec Solidaire, le Parti Vert du Québec, etc.) sont capables d’amener des idées nouvelles, audacieuses et susceptibles de démarrer des débats de fond.

Ensuite, selon les principes de la « ligne du parti », beaucoup de débats effectués à l’Assemblée Nationale sont gagnés ou perdus d’avance. Il y a, à mon avis, une grave dépersonnalisation de la politique où chaque individu élu est restreint, la majorité du temps, à voter « du bord de son parti ». Bref, nous élisons des individus supposés nous représenter au gouvernement, qui finalement ne font qu’obéir à leur chef, les yeux fermés (on pourrait insérer un joli sacre ici)! Et là j’évite de mentionner les moments où un parti s’est abstenu de voter, ne s’est donc pas exprimé officiellement, pour ne pas faire tomber le gouvernement minoritaire en place. Démocratie ou stratégie politique? Je n’ai pas élu un représentant pour qu’il ferme sa gueule dans un débat où je sais pertinemment qu’il est contre, juste pour pas que son parti aille en élections, ou que les citoyens « n’ont pas envie d’une autre élection »! (Ça nous ferait un autre beau sujet d’échanges!) Tu me diras qu’il y a toujours les projets de loi privés, et certains projets de loi touchants souvent à la morale, à la sexualité ou à d’autres sujets délicats qui sont des votes « libres », où les députés sont appelé à voter selon leur bonne conscience (ils votent inconsciemment habituellement?). Sans avoir fait aucune recherche en profondeur, je crois que ces votes « libres » sont malheureusement peu fréquents.

Il y a aussi tout le côté du financement des partis politiques qui frôle parfois le conflit d’intérêts. Malgré le fait que René Lévesque avait amené une loi régissant ceux-ci au Québec, et une autre loi fut votée plus récemment au Canada, nous avons vu plusieurs choses bien outrageuses avec le scandale des commandites, et peut-être maintenant avec l’histoire du financement de certains candidats conservateurs sur laquelle Élections Canada fait actuellement enquête. C’est donc inné qu’un parti politique va trouver de multiples moyens pour bonifier le financement qu’il reçoit, principalement dû au fait qu’il est généralement élu sur une base d’apparence, et on le sait, la publicité et les relations publiques coûtent cher. Et, inévitablement, les bailleurs de fonds en bénéficieront tôt ou tard, directement (nomination à un poste de haut fonctionnaire) ou indirectement (mis sur pied d’un programme de subventions).

Le bon côté de l’absence des partis politiques

À l’opposé, avec l’abolition des partis politiques, chacun des candidats sera élu sur la base du mérite, et je crois que nous aurions de bien meilleurs représentants au gouvernement. Les candidats aux élections pourront débattre entre eux, sur le terrain où leurs énergies sont concentrées (dans leur circonscription électorale, pas à travers de la province). Tout cela favorisera l’élection de personnes compétentes qui pourront s’exprimer personnellement lors des débats à l’Assemblée Nationale.

Cette personnalisation de chaque député reflétera nécessairement l’opinion de la majorité des citoyens de sa circonscription électorale puisqu’ils l’auront élu. Et un mécanisme de destitution devra nécessairement être en place advenant des abus de confiance. En étant capable d’avoir une voie indépendante, chaque député sera capable de contribuer activement aux débats et pourra amener parfois des idées plus marginales dont certains aspects pourraient quand même être considérés. Donc, finis les moments où tous les députés du parti au pouvoir votent BLANC et tous les partis de l’opposition votent NOIR. Tous pourront voter selon leur conscience.

Face au financement des candidats, je crois que l’argent pourrait venir exclusivement du gouvernement. Donc, chaque personne digne d’être reçue « valable » comme candidat (nous devrons limiter le nombre de candidats par circonscription électorale, et le moyen sera à décrire plus tard) recevrait un montant fixe, et qui sera égal à celui que tous les autres recevront pour se faire connaître. En conséquence, en gardant les campagnes électorales plus brèves (deux semaines?) et à l’échelle locale, plusieurs sous seront épargnés, et je ne crois pas qu’il en reviendra plus cher au gouvernement ainsi.

Bref, je propose que cette modification dans l’organisation politique soit perçue comme une proposition à inclure au projet de souveraineté du Québec, quitte à l’inclure dans la future Constitution de la République souveraine du Québec. Ça serait le meilleur moment pour faire ces changements et démontrer de l’audace au reste du monde!

Qu’en penses-tu? Jacques Lazure, dans son livre, précise aussi sur un possible fonctionnement de l’Assemblée nationale en l’absence de partis politiques (nomination du premier ministre, des ministres, du président de la République, etc.). J’ai volontairement omis d’en parler pour deux raisons. Premièrement, cela constitue des propositions faites à titre personnel par l’auteur et elles sont amplement discutables (il le faut!). Puis, deuxièmement, je voulais te laisser de la viande à ajouter à l’os.

J’ai bien hâte que tu me renvoies la balle!

Normand

vendredi 5 septembre 2008

Bienvenue à notre blogue!

Bienvenue à notre blogue, où nos différentes opinions sur des sujets de l’actualité, politique le plus souvent, seront offertes. Notre but sera de développer des échanges qui produiront un débat constructif sur ces sujets, et qui pourront aussi, espérons-le, nous amener à développer des idées d’ordre socio-politique pour le futur de notre nation. Ce n’est aussi avec aucune gêne que nous désirons reprendre l’idée d’André Pratte et de Joseph Facal, celle d’échanger plusieurs lettres d’opinion, et dont les écrits furent publiés récemment dans le livre Qui a raison? (Éditions Boréal, 2008).

Le second objectif de ce blogue, plus personnel celui-ci, sera de poursuivre les dialogues que nous avons tant eus et appréciés dans le passé, le plus souvent réuni autour d’un pot de notre nectar favori.

Rémi étant maintenant déménagé à San Francisco, cet exercice devrait donc maintenir ces conversations par le Web malgré la distance physique qui nous sépare.

Bonne lecture!

Normand