lundi 24 novembre 2008

Salut Normand,

À mon tour de m’excuser. Il y a déjà longtemps que j’ai commencé cette réponse et certains passages ne sont donc plus d’actualité. Tout comme toi malgré un horaire chargé j’ai suivi de près l’action électorale de cet automne. Wow, pour des mordus de politique comme nous, difficile de faire autrement. Je n’ai jamais vu autant d’effervescence de mon vivant (mis à part le référendum de 95, disons que c’était différent). Je n’aborderai pas l’élection Américaine, car tant de choses ont déjà été dites. Je peux seulement te dire que les scientifiques Américains que je côtois tout les jours sont soulagés. Tout comme la Terre entière devrait l’être, je crois sincèrement qu’il n’y a que du bon dans cette élection historique et ce pour tout le monde. Pour ce qui est de la science comme tel, je t’invite à aller lire une idiotie de la colistière Républicaine (pro-vie, pro-guerre, pro-peur, créationniste…je ne comprends pas les gens conservateurs) Sarah Palin commentée au : http://thinkevolution.net/archives/category/science-research



Retour sur les Fédérales


D’où je suis, il est difficile de juger de l’intérêt de la population sur la dernière campagne. Le seul indicateur qu’il me reste est le taux de participation; le plus bas de l’histoire 59.1 %. Si la campagne ne fut pas ennuyante, ça veut dire que les Canadiens étaient tout simplement désintéressés dès le départ. Pourtant en ces temps de crise économique ils auraient dû se ruer aux urnes pour mandater le parti le plus compétent, d’après eux, de garder le bateau à flots. La réalité fut tout autre. Cette campagne n’était pas pertinente pour personne puisque jouée d’avance. Tout ça grâce à une droite unie qui avec un peu plus du tiers de l’électorat peut former un gouvernement, prenant avantage d’une gauche divisée. Malheureusement, dû au système électoral dans lequel nous sommes, l’ascension du parti vert n’a fait que nuire à la cause de la gauche. Je me dois de souligner ici que si cette période électorale-ci favorise les conservateurs on n’a pas à reculer loin dans le temps pour apprécier l’effet inverse. En effet, durant les années post Mulroney, c’est la droite qui était divisée (reforme/alliance et conservateur) on a donc eu droit à 3 mandats libéraux facilement gagnés. Sans rien enlever à Jean Chrétien, à cette époque, même sans chef le PLC aurait gagné. En espérant qu’on n’ait pas à attendre 3 mandats pour que la gauche s’unisse. En passant, loin de moi l’idée de qualifier le PLC de Chrétien de social démocrate mais disons qu’en comparant aux conservateurs post alliance…


Au sujet du PLC de Dion je partage ton avis. En fait je n’avais jamais souhaité autant de bien à ce parti, le tournant vert de Dion, j’y croyais. Imagine, c’était encore plus ambitieux que ce que propose le NPD. En fait, c’était exactement le genre de politique qui ralliait économie et écologie. Ça aurait permis un soulagement économique à ceux qui polluent peu : les gens (entreprises) responsables et les moins biens nantis. En espérant qu’Ignatief ne foute pas tout par terre. Tant qu’à avoir un Québec dans le Canada, c’est ce à quoi j’aurais voulu qu’il ressemble. Malheureusement, Dion n’est pas un bon vulgarisateur et il n’a pas réussi à expliquer son projet à des idiots qui de toute façon n’écoutaient pas. De plus il n’avait pas l’air de ce qu’apparemment il faut avoir l’air pour être à la tête, c’est-à-dire une confiance en soi tellement débordante que les gens autour n’ont envie que de te suivre, d’autres appellent ça du leadership. Personnellement je préfère un intellectuel à la tête plutôt qu’un type charismatique. Finalement, et là je ne suis pas d’accord avec toi, la campagne n’a jamais été sur l’environnement, elle n’a été qu’économique, et quant l’économie va mal les gens deviennent individualiste (plus qu’à l’habitude). La population ce dit qu’elle sauvera sa retraite avant de s’acheter un arbre. C’est ce qui aura finalement coulé Dion parce qu’il fut incapable d’imposer l’agenda écologique lié à l’économie. Il a même cessé d’aborder son tournant vert à la mi-campagne.


Un débat, quel débat?

Je n’ai pas particulièrement aimé la formule du débat fédéral. Démocratiquement parlant, chaque parti ce devrait d’être représenté. Par contre un débat à cinq, à tout le moins dans la formule vue au fédéral, a donné lieu à un quatre contre un improductif. Est-ce que les libéraux et le NPD ont pu mettre leurs différences sur la table et en débattre? Non. Résultat, Harper n’avait qu’à faire semblant de ne pas être là (ce qu’il a très bien fait par ailleurs) et laisser les quatre autres se battre à savoir qui aurait la meilleure gifle contre lui, gifle qu’il esquiverait de toute façon. Je suis donc heureux que le format soit revenu à une formule plus traditionnelle pour l’élection provinciale. Dans ce cas si la question aurait pu se poser également, doit-on inclure les Vert et QS au débat provincial? À ce point-ci je pense qu’il serait judicieux d’établir des règles précises sur ce qu’il faut pour faire parti du débat.


Élection Provinciale

Nous sommes tous d’accord, Jean Charest a lancé la campagne électorale parce que convaincu (merci aux sondages) qu’il pouvait aller chercher la majorité. Opportuniste; certes, malveillant; je ne crois pas. Voyons les choses en face. À sa place j’aurais fait la même chose mais pas par opportunisme. La raison en est que si j’étais en politique ce serait parce que j’ai un plan pour la société et que je crois ce plan être le meilleur (à tort ou à raison). Dans ces circonstances à chaque fois que j’aurais une décision difficile à prendre, une décision qui serait impopulaire parce que douloureuse aujourd’hui mais bénéfique demain, l’opposition se ferait un devoir de contrer mes efforts. Dans cette conjoncture en tant de crise économique si j’étais premier ministre je ne voudrais sûrement pas me retrouver en situation minoritaire lorsque le temps de passer un budget impopulaire arriverait.

Cela-dit, aussi non voulue soit-elle, la campagne est lancée. Malheureusement elle est impopulaire, mais pas pour les bonnes raisons. Si au moins les gens étaient furieux de voir leur premier ministre Charest dépenser 83 Millions de leur Dollars en tant de crise économique, mais non il semble qu’ils soient juste… tannés d’avoir à ce faire une tête pour savoir comment ils souhaiteraient voir leurs impôts dépensés (pour les cyniques) ou voir de quels projets de société ils souhaitent (pour les idéalistes comme nous).

Mouillons-nous un peu, tu as prédit une victoire Libéral minoritaire. Pour ma part je pense que nous aurons « enfin » un gouvernement majoritaire. Je dis enfin pour les raisons élaborées plus haut. Par contre je ne suis pas si certain qu’il s’agira des libéraux. Je pense en effet que le PQ a une chance sérieuse de l’emporter. Mes prédictions :

PQ : 65 sièges 37 %

PLQ : 50 sièges 39 %

ADQ : 10 sièges 15 %

PV + QS : 0 siège 8 %

Plusieurs choses pourraient faire en sorte que j’aie tort. Parmi celles-ci la présence des parties de gauche (QS et les Vert) qui pourrait gruger des votes importants qui autrement assureraient une victoire au PQ. Historiquement, dû à une carte électorale imparfaite, le PQ n’a qu’à obtenir à peu près la même quantité de votes que les libéraux au suffrage universel pour s’assurer d’une écrasante majorité. Il est vrai que la présence de l’ADQ a changé la donne au court des trois dernières élections. Comme l’ADQ prend des votes au PQ plus qu’il n’en prend aux libéraux, la présence d’une arrière gauche qui pourrait aller chercher jusqu'à 10 % des voies pourrait faire la différence entre PQ ou PLQ. Aussi bien dire que le vote stratégique n’a jamais été aussi important pour le PQ. Le tour de force maintenant pour Pauline Marois sera de le dire sans trop donner d’importance à l’ADQ. Car l’histoire nous a appris que ce parti n’est jamais vraiment mort et que son électorat peut revenir, sans que l’on ne sache pourquoi (des fois je me demande à quoi les gens pensent).

Bon débat,

Rémi

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